Il suffit de se balader un peu sur les blogs horlogers pour comprendre que la passion des montres ne se limite pas à quelques caractéristiques techniques ou même un logo. En fait, lorsqu’on est vraiment passionné par une montre, tout compte : son histoire, sa forme, les matériaux qui la composent, les valeurs de la marque qui l’ont dessinées. Alors, dans ce cas comment pourrions-nous négliger quelque chose d’aussi important que son bracelet ? Suite à de nombreuses demandes, nous avons ajouté la catégorie « accessoires » sur lip.fr, nous offrant ainsi une occasion idéale de revenir sur l’histoire de cette petite bande de cuir, de métal ou de caoutchouc. Nous vous parlerons aussi de l’attachement justement que les amoureux d’horlogerie portent à cet accessoire qui nous attache au sens propre comme au figuré à nos chères tocantes.

La montre bracelet :
Une histoire à la fois ancienne et récente

Elizabeth Ire d'Angleterre

Elizabeth Ire d’Angleterre fin XVIé

L’accroche peut paraitre contradictoire, mais dans le domaine de l’horlogerie comme dans celui du progrès technologique on identifie au cours de l’histoire plusieurs tentatives ponctuelles avant de voir l’usage généralisé d’une invention. L’idée d’attacher un instrument permettant de lire l’heure à son poignet ainsi que son histoire sont relativement anciennes et fleuries d’anecdotes. Parmi ces anecdotes qui bornent le succès de la montre bracelet on trouve une personnalité de choix, la reine Elizabeth Ire d’Angleterre. Le comte de Leicester, offrit en effet à cette reine toute puissante durant l’âge d’or britannique, une montre suspendue à un « armlet » comprenez un bracelet en 1571. Ce geste romantique original rendu fameux par ces protagonistes au sang bleu ouvre la voie à un nouveau type de bijoux. Certes ce ne fut pas le coup de canon qui transforma à jamais la manière dont on lit et porte l’heure, mais c’est un premier pas d’importance. Autre anecdote, on sait également que le célèbre philosophe du XVIIè, Blaise Pascal, inventeur de la machine à calculer « la Pascaline » et peut-être même de la brouette avait

La reine de Naples  au début XIXé

La reine de Naples au début XIXé

attaché sa montre à son poignet. A la fin du XVIIIè siècle, on peut lire dans l’almanach du Dauphin qu’un horloger parisien installé rue du Buci montait des montres bracelet et des montres bague.

Mais c’est au XIXè siècle, sous l’impulsion de la mode que les choses s’accélèrent un peu. En effet, c’est la longueur des manches des vêtements féminins se raccourcissant qui fut le véritable catalyseur du développement de la montre bracelet.

Nous avons d’ailleurs deux preuves prestigieuses qui témoignent de cette tendance dans l’horlogerie :

– En 1810 Abraham Louis Breguet conçoit une montre extrêmement raffinée et technologiquement aboutie pour la reine de Naples. Celle-ci possède une heure excentrée, indique la température et possède un bracelet des plus originaux puisqu’il est fait de cheveux et de fils d’or.

En 1811, le joaillier de Napoléon Ier fabrique deux montres bracelet pour la princesse Augusta de Bavière.

Comme vous l’aurez surement déjà compris la montre est encore à ce stade un bijou réservé essentiellement à la gente féminine. Les hommes préfèrent encore au XIX la montre de poche, c’est-à-dire la montre à gousset. C’est d’ailleurs en 1867 que Lip commença sa grande aventure avec justement des montres de poche qui rencontrèrent rapidement un franc succès.

L’aviation et la guerre sonne l’avènement de la montre bracelet

Ce n’est pas la mode féminine mais l’aviation qui changea profondément notre conception des gardes temps jusque là plus proche du milieu de la bijouterie, l’expression d’un certain statut social pour les hommes comme pour les femmes.

1903 I Vacheron Constantin aviateur

1903 I Vacheron Constantin aviateur

Ainsi en 1904 Cartier crée une montre bracelet pour Santos Dumont, son ami aviateur qui trouve la lecture de sa montre à gousset difficile lorsqu’il est aux commandes de son avion.

C’est le début d’une grande histoire d’amour entre les pilotes et leur montre qui, à cette époque était absolument essentielle puisque c’était le seul instrument de bord permettant de se repérer dans le temps et l’espace. Nous vous conseillons d’ailleurs la lecture de notre article sur l’épopée de l’aéropostale pour plus d’informations à ce sujet. Ainsi durant la première partie du XXè siècle la montre devient progressivement, quelque chose d’utile, un outil qui doit être à la fois précis et résistant, exactement ce dont les forces militaires de tout bord ont besoin.

C’est donc tout naturellement que la montre bracelet est largement adoptée avant la deuxième guerre mondiale afin d’orchestré et minuter des stratégies militaires de plus en plus précises et élaborées.

On peut donc facilement songer que ce sont les bracelets qui ont influencé la forme des montres et même les domaines de recherche favoris du monde horloger. En effet si on doit porter sa montre au poignet, il est facile de voir l’intérêt d’une boite et d’un mouvement léger, agréables à porter. La Lip T18, qui rencontra à cette époque un immense succès même au plan international en est la parfaite illustration.

Le bracelet de montre, une passion dévorante

Bracelet LipLes passionnés des montres envisagent leurs montres comme des capsules temporelles, car c’est l’aspect « vintage » du garde-temps qui les attire, l’usure authentique des aciers qui ont vécu, mais aussi l’histoire que les ridules et rayures des bracelets peuvent leur raconter par extension.

Un peu plus haut nous parlions de l’expansion de la montre bracelet grâce à l’aviation civile puis militaire. Sans revenir sur le sujet nous savons donc que la plupart des bracelets pré XXè siècle étaient constitués de matériaux significativement plus fragiles que le cuir puisque la solidité n’était pas une condition absolue pour un bijou d’apparat.

C’est donc au cuir qu’il nous faut rendre hommage en premier lieu, car c’est sa résistance, les multiples possibilités de teintes qu’il offre ainsi que son coût des plus raisonnables qui en ont fait tout naturellement le choix privilégié des horlogeries.

Il n’est ainsi pas étonnant de voir autant de types de bracelets, mais aussi de voir les passionnés de montres faire leurs propres changements. C’est peut-être qu’il y a dans le bracelet d’une montre un peu de son âme. Par exemple, un bracelet de montre d’aviateur ne s’adaptera pas à une montre bijou où à une montre plus citadine et bien entendu réciproquement.

Le bracelet donne du sens à une création horlogère en donnant à son propriétaire l’opportunité de jouir de son garde temps dans le contexte de sa profession ou de son mode vie. Et quand bien même, si ce n’est pas une montre de circonstance qu’il veut, il peut toujours se prendre pour Mermoz en portant une T10 ou bien pour le général de Gaulle en portant une GDG.

Tout est une affaire de goût mais c’est un euphémisme que de dire que le bracelet compte pour une part importante dans l’esthétique générale d’une montre et le succès qu’elle rencontre. Il est le témoin d’un style, le représentant d’une époque, mais aussi un morceau de notre histoire. L’histoire d’un bracelet est même parfois aussi importante que la montre à laquelle il se rattache.

Collection capsule I Commune de Paris

Collection capsule I Commune de Paris

Un bel exemple de plus en plus tendance : « le Nato »
Pour illustrer cette idée, on peut par exemple parler de la naissance du bracelet « Nato » qui n’est pas en cuir justement. L’idée serait née, contrairement aux idées reçues assez récemment, en 1973 pour être exacte, suite à une demande du ministère de la défense Britannique. Celui-ci voulait un bracelet solide mais également résistant à l’humidité en climat tropical tout en évitant les reflets de l’acier qui pourraient trahir la position d’une division. Ce bracelet a pris son nom de sa référence au sein de l’OTAN puisque « NATO » en anglais signifie « North Atlantic Treaty Organisation » ce type de bracelet était également appelé « G10 ». Vous noterez au passage la multiplication de nos modèles de montres Lip qui possèdent un bracelet Nato pour faire face à une demande grandissante de votre part pour cette superbe bande de nylon tissée.

Les tanneurs

Perçage d'un bracelet cuir fait maison

Perçage d’un bracelet cuir fait maison

Enfin nous nous devions de parler des tanneurs français qui encore aujourd’hui perpétuent l’art de faire des bracelets de montre à la main à partir des peaux. La qualité de leur travail est époustouflante et leur clientèle d’amateurs se ré-intéressent de plus en plus à leur savoir-faire. Parmi les grands du monde du cuir, il est important de mentionner des noms historiques comme celui de Camille Fournet qui amena dans l’univers de la tannerie horlogère française des cuirs exotiques comme l’alligator, l’autruche, le python ou encore lézard auxquels il donna de nouveaux coloris et auxquels il appliqua des finitions extrêmement raffinées.

Bien sûre il y a des professionnels et même des maisons spécialisées dans le bracelet de montre depuis des décennies, mais certains se lancent aussi eux-mêmes dans l’aventure du bracelet avec parfois une qualité qui pourrait faire rougir quelques marques. Voici une belle explication pédagogique pour les plus manuels et surtout enthousiastes parmi vous.

Enfin nous ne pouvions terminer cet article sans vous montrer quelques-uns de nos bracelets. Que ce soit du crocodile comme sur la GDG 145, de la vachette, de l’acier, de la maille milanaise vous trouverez certainement bracelet pour votre poignet et une excellente raison de vous faire plaisir.

 

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